Sector Imperialis et colonnes de marbre vert

« C’est que des décors, » qu’ils disaient, « pas la peine d’y passer vingt ans, » qu’ils disaient. Sauf que les ruines du Sector Imperialis sont tellement jolies que juste une sous-couche et un brossage à sec ça n’allait pas le faire.

Il y a *tousse* quinze ans, j’ai eu la chance d’aller à Florence, et j’ai gardé un souvenir émerveillé de la marqueterie de marbres qui recouvre le Duomo de Santa Maria dei Fiori.

Pardonnez la qualité, mais c’était avant que j’ai l’argent pour m’acheter un bel hybride, c’était un Panasonic compact avec un rendu des couleurs absolument immonde.

Je ne suis pas masochiste au point de vouloir recréer cette magie de couleur et de pierre sur un décor, parce que ce n’est pas tout ça mais j’ai un métier et les journées ne font que 24 heures, mais je voulais du marbre vert sur des parois blanches (pour la Killzone Volkus à venir, ce sera l’inverse). La plupart des tutos pour le marbre sont à l’aérographe, cependant, technologie que je ne possède pas, et de toutes façons ils sont adaptés à des socles lisses et pas à des reliefs. Donc j’ai improvisé.

Comme j’étais très contente de mon primer AK noir Fine Primer, j’ai voulu en essayer un autre de la même marque mais dans la gamme Quick Gen, couleur Bone. La couleur elle-même est parfaite, un bel ivoire, mais j’ai un vrai problème sur la texture. Je ne sais pas si c’est que je n’ai pas assez secoué (et pourtant je secoue tous mes sprays comme si de l’or et des diamants devaient en tomber), ou si c’est la nature du produit lui-même, mais le fini est rêche, très désagréable, et je ne m’en servirai jamais pour des figurines à manipuler parce que brrrr, cette texture. On dirait du carton. Même après peinture cette rugosité persiste et il faut deux couches de vernis brillant pour l’effacer.

Côté couleurs, après une seule couche volontairement hétérogène de Vallejo Intermediate Green, j’ai ajouté de larges plages irrégulières de Prince August Vert Camouflage, puis au centre de celles-ci un mélange de Prince August Vert Camouflage + Vallejo Dark Purple + noir. Le violet est très important : le marbre est un assemblage de cristaux différents, pas simplement un dégradé mono-ton.

Entre les plages sombres, j’ai placé des plages claires de Vallejo Intermediate Green simplement éclairci au blanc, et ensuite tracé au hasard des marbrures de Vallejo Bright Green. Avant de placer les derniers éclaircissements (Vallejo Cream White + Vallejo Lime Green + Vallejo Intermediate Green) sur certains endroits des marbrures, j’ai passé une couche de contrast diluée au medium acrylique. Pour tester, je n’ai pas fait cette étape sur le niveau du bas et la différence est marquante :

D’accord, c’est pas marquant, c’est subtil, je vous l’accorde.

Évidemment, et parce que j’ai passé plus d’un mois sur l’affaire, j’ai changé de technique en cours de route. J’ai rajouté des rehauts plus clairs de Lime Green + Cream White suivis de Intermediate Green + Cream White au cœur des marbrures. Et sur certaines colonnes, pour ajouter de la variété, j’ai entouré les marbrure larges de marbrures plus fines et pâles de Vert Camouflage + Cream White, faites avec mon pinceau le plus fin et long. J’ai aussi rajouté des taches sombres de Vert Camouflage + Dark Purple + noir enrichies en noir.

Version finale_finale_V2 (avant le lavis des colonnes)

Pour sceller le tout, deux couches de vernis brillant. Toujours rapport à l’évolution de la technique durant l’affaire, après la première colonne j’ai lâché la contrast diluée au medium, remplacée par un lavis à l’huile appliqué à la fin. Non pas parce que je n’étais pas contente du résultat mais pour garder les mêmes pigments sur tout le décor par pure flemme de mélanger les techniques. Quelle que soit la technique retenue, comme on peut le voir sur la photo, la différence de tonalité sans lavis entre les murs et les colonnes était trop importante et il fallait absolument apporter plus d’unité visuelle.

Je ferai un article sur la technique du lavis à l’huile quand j’aurai un peu plus de recul : c’est quasiment mon premier essai et j’ai beaucoup tâtonné. En couleurs, j’ai utilisé des peintures Sennelier en Noir de Mars et Brun Van Dyck. Je connais Sennelier par leurs aquarelles et leurs encres, et la tonalité du brun m’a surprise (il est beaucoup plus clair que son équivalent en aquarelle). Ses pigments se séparent également beaucoup plus rapidement que ceux du noir. En solvant, j’ai privilégié de l’essence de térébenthine traditionnelle pour le côté 1. traditionnel 2. bobo-écolo-bio parce que c’est tiré d’un sapin et pas du pétrole. J’ai essayé plusieurs densités de lavis ; il faut un truc relativement dense (plus que ce que j’ai préparé pour les pans de mur) pour bien accrocher les creux, et j’ai épongé l’excès après quelques minutes avec un tissu imbibé de térébenthine. J’ai malgré tout été choquée par l’intensité du foncé. Heureusement que j’aime bien les décors sombres…

En ce qui concerne les pans de mur, j’ai d’abord tapoté à l’éponge avec du gris directement sur la sous-couche pour donner de l’irrégularité au crépi. Les parties métalliques sont peintes au Vallejo Gunmetal. Par dessus un lavis à l’huile. Puis un brossage à sec (à l’acrylique Cream White, pas à l’huile, parce que j’ai peur de rien et je suis une guedin) pour la lumière zénithale, soit en insistant sur la partie haute du décor.

En attendant, le résultat est pas mal du tout :

Mais oui, les décors c’est pas la peine de passer du temps dessus. (Pour Volkus, j’ai acheté de quoi faire de la mosaïque. Tout va bien se passer.)

Publié dans Socles et décors | Laisser un commentaire

Le tigeage : quels accélérants pour le cyanoacrylate ?

J’ai mis longtemps à franchir le pas. J’ai mis beaucoup de colle, croisé beaucoup de doigts, et beaucoup râlé quand le résultat ne me convenait pas, en particulier quand la peinture ou la texture du sol bavait sur la figurine préalablement collée au socle, et j’ai fini par céder et admettre que oui, il faut tiger certaines figurines. Après avoir regardé plein de tutos, je me suis lancée sur des termagants. Peut-être pas les plus simples pour commencer rapport à la finesse de leurs pattes ; ça pousse la courbe d’apprentissage. Et comme personne n’a envie de lire la 25e version de comment faire un trou et y planter un bout de métal, rien que pour le blog j’ai fait un comparatif des différentes substances qu’on peut utiliser pour améliorer le processus.

Matériel :
. perceuse (j’ai une petite Dremel, parce que grosse flemme d’utiliser une perceuse à main)
. forets de 1,2 mm
. trombones
. cyanoacrylate (SuperGlue)
. accélérant : choisir entre bicarbonate de soude, eau, alcool isopropylique, poudre de graphite

Le perçage de la figurine doit impérativement se faire à faible vitesse, sinon le plastique fond et le trou se rebouche dès le foret retiré. Je le fais en plusieurs fois, généralement, pour une profondeur d’environ 1 cm dans la figurine. À défaut d’avoir un système de stéréotaxie, faut bien viser. Le socle est plus simple (à condition d’éviter de percer un caillou).

Le foret de 1,2 mm est pile au bon diamètre pour enfiler un trombone déplié dans le trou. Je mets une petite goutte de cyanoacrylate sur l’orifice, une autre petite au bout du trombone, et han-da. Les premières fois j’ai voulu attendre que la colle polymérise toute seule, mais ça prend du temps et ça bringueballe : le cyanoacrylate a besoin de l’humidité de l’air (et des ions hydroxyles qui vont avec) pour polymériser, et quand toute la tige est plantée dans du plastique forcément c’est plus lent. Quel accélérant choisir pour accélérer la prise du cyanoacrylate ?

C’est par un tuto Youtube que j’ai d’abord eu l’idée du bicarbonate de soude. En réalité, n’importe quelle base faible convient (les acides faibles comme l’acide citrique, en revanche, stabilisent la colle et retardent sa polymérisation). Il suffit de saupoudrer la colle fraîche avec le bicarbonate ; la polymérisation est quasi instantanée. D’après ce que j’ai pu lire, il semblerait que la matrice formée soit beaucoup plus résistante que celle qui se forme spontanément. La réaction est légèrement exothermique, mais pas au point de fragiliser la figurine. J’ai utilisé cette technique sur la plus grande partie mon armée rouge tomate avec d’excellents résultats en termes de solidité mais il faut prévoir de peindre par dessus en raison de l’inconvénient majeur : le petat obtenu est blanc. Je n’ai pas à ma disposition d’instrument de mesure ad hoc, mais j’ai l’impression que le volume du mélange augmente légèrement.

Certes, sur celui-ci j’avais mis la dose.

L’eau est également un accélérant de la polymérisation du cyanoacrylate, de par les ions hydroxyles qu’elle contient. Le résultat obtenu est lisse et plat, comparable à ce qu’on aurait en laissant sécher normalement, mais la polymérisation est beaucoup moins rapide qu’avec le bicarbonate et surtout beaucoup moins solide. Sur la seule figurine que j’ai tigée ainsi, il a fallu que je remette du cyanoacrylate (+ bicarbonate) parce que ça bringuebalait. Je déconseille. Je n’ai donc pas essayé avec l’alcool isopropylique, parce que c’est le même mécanisme fondamental de réaction.

La poussière de graphite, en revanche, fonctionne très bien. On l’obtient en taillant un crayon de papier classique et en collectant la poussière de la mine. La réaction est aussi rapide qu’avec le bicarbonate de soude et le point de colle prend un aspect gélatineux avant de se figer. La solidité est au rendez-vous : d’après certaines vidéos sur Youtube, la matrice obtenue est beaucoup moins fragile que celle au bicarbonate. Le gros avantage que j’ai trouvé est l’absence d’expansion du mélange, et quand on a un espace restreint c’est je pense un vrai plus utile. L’inconvénient, c’est qu’il faut prendre le temps de tailler un crayon et récupérer la poussière.

Socle avec tige prise dans le cyanoacrylate saupoudré de poudre de graphite.

Au total, pour le tout venant je resterai sur le bicarbonate par simplicité (piocher dans le gros pot c’est simple). Mais je vois des utilités pour la poudre de graphite pour tiger des petits éléments à des endroits qui se voient, en augmentant leur solidité tout en rendant leur fixation plus discrète.

Publié dans Techniques | Laisser un commentaire

Inclure des éléments végétaux : le conservateur AK Natural Leaves

J’aime beaucoup coller de la vraie mousse sur mes socles, parce que les végétaux naturels ont une délicatesse et une richesse de détails inimitables. Mais la mousse sèche, c’est moche et ça perd sa forme. N’écoutant que mon courage, j’ai voulu faire un test avec un conservateur et l’essayer, c’est l’adopter.

Le AK Natural Leaves & Plants Neutral Protection. Ce que la dame espagnole explique ci-dessous, c’est que le liquide remplace la sève de la plante pour la conserver :

Le principe est simple et élégant : 24 heures dans la marinade, puis laisser sécher sur une feuille de papier absorbant. J’ai apporté cependant une petite modification à son protocole en versant dans un pot de confiture (vide) la juste quantité de liquide nécessaire plutôt que de plonger le végétal directement dans la bouteille. La manipulation est plus simple et surtout on conserve ainsi le stock de liquide propre. On peut en effet tout à fait réutiliser le liquide d’une fois sur l’autre, mais si on le laisse traîner trop longtemps après utilisation des moisissures se forment à la surface, j’imagine centrées sur des souillures organiques.

Le résultat sur les mousses est remarquable : la plante est très souple, peut être manipulée avec quasiment plus d’aisance qu’à l’état frais, et a l’apparence bien hydratée d’une bryophyte après la pluie. La couleur, cependant, va s’oxyder progressivement et le pigment vert de la chlorophylle devenir ocre.

Boîte à mousses

J’ai testé aussi, pour voir, sur un petit rameau de vigne vierge. La plante étant moins rigide que la mousse, elle devient très souple. Trop. Elle est jolie, mais difficile à positionner en raison de sa mollesse. J’imagine que le potentiel capillaire de la plante est (de manière assez logique) réduit à zéro et que les plantes qui piquent du nez quand elles sont privées d’eau sont de mauvaises candidates pour ce produit. Vous remarquerez que la dame espagnole qui vend le produit ne montre pas le résultat sur les feuilles qu’elle a sélectionnées. Je n’essaierais pas sur les trèfles, les plantes annuelles, la plupart des fleurs ou les jeunes pousses. Du lierre pourquoi pas, du buis, du cotoneaster ou des herbacées pour éviter que la feuille sèche ne devienne cassante, mais personnellement je vais surtout en rester aux mousses. Et aux résineux : je viens de faire un petit lot de rosettes d’aiguilles de cèdre qui seront juste à la bonne échelle pour figurer des arbustes. J’espère que le fixateur empêchera les aiguilles de tomber. L’avenir le dira : je viens seulement de les sortir du produit. Je m’attends d’ici quelques semaines à la même décoloration que pour les mousses.

Rosettes d’aiguilles de cèdre traitées, en cours de séchage

La plante ainsi préservée peut être peinte absolument comme on le souhaite, et fixée d’un point de colle blanche ou inclue dans une résine époxy.

C’est un bon produit qui m’a permis de me constituer un joli stock de mousses et quand la bouteille sera vide j’en rachèterai une. Il n’est cependant pas universel et ne conviendra pas à toutes les utilisations.

Publié dans Matos | Laisser un commentaire

La Mort Subite écarlate

Dans un espoir de booster ma liste d’armée (c’est pour ça que j’aime Kill Team d’amour, parce que la sélection des unités est beaucoup, beaucoup plus simple), et parce que le modèle est magnifique, j’ai acquis un Deathleaper mais j’ai très vite eu un problème : le socle intégré à la figurine ne va pas du tout avec l’esthétique de jungle de la série en cours. Parfait pour un manufactorum ou une cité ruche, un peu moins pour la nature indomptée.

Problème.

Heureusement, on a inventé le tigeage. Double heureusement, on peut tout à fait monter l’animal sans le support fourni, donc au final il suffit de lui trouver deux éléments de décor (dont un pouvant être percé) respectant le différentiel de hauteur pour l’installer.

Essai avec de la Patafix

Origine des matériaux : caillou du jardin et déchet de taille des photinias (coupé au printemps donc déjà sec). J’ai suivi les grandes lignes de la base jungle ; la principale différence par rapport à l’habitude est que j’ai tigé le bas de la « bûche » parce qu’il n’y a pas assez de colle sur terre pour que ça tienne autrement.

Vue de profil. J’aime particulièrement le pont que fait le tronc d’arbre, ça donne un relief de dingue.

Et après la sous-couche le rendu est déjà super. Le niveau de détail préservé sur le bois est particulièrement séduisant :

Avec les petits crânes, pour l’ambiance.

Et parce que je voulais le jouer vite j’ai sous-couché la figurine en vitesse avant de lui coller trois couches de Vallejo Carmine Red sur les écailles et de tiger son pied droit au sommet du tronc d’arbre, avec une préparation sommaire des couleurs du socle. Ceci lui a permis de se faire rouler dessus en 1000 points, la Death Guard ayant tout simplement nettoyé la table de tous les tyranides présents au début du tour 4.

Zoom sur la fixation du pied droit.
Pauvre chéri, qui en l’état a quand même réussi à me garder l’objectif central pendant 3 tours avant de mourir.

Je saute quelques étapes pour finir le côté fixation. Pour masquer le gros petat de colle sous le sabot droit, j’ai rajouté des touffes d’herbe et une fougère. Pour qu’on n’ait pas l’impression que le sabot gauche tient juste en appui sur un bord d’ongle, j’ai bourré d’herbe en dessous. Le résultat n’est pas optimal, parce que ça fait malgré tout bien touffe d’herbe posée là plutôt que machin qui a poussé naturellement, mais c’est suffisant.

Zoom sur le camouflage de la fixation du pied

En ce qui concerne la livrée de la bestiole, il fait partie de la série des carapaces sauce tomate donc j’avais une idée globale de la direction à prendre. Ce qui était moins clair au départ, en revanche, c’était le reste : les tentacules et les griffes. Le gros reproche que je fais au schéma de peinture de GW pour cette figurine est le choix d’un nuancier ton sur ton, quasiment tout de la même couleur, et l’œil se perd et ne sait pas où aller dans la foule de détails. Ma couleur de rehaut fétiche en ce moment est le jaune et en particulier le Citadel Flash Gitz Yellow, donc elle s’est assez rapidement imposée pour les tentacules du visage et la « jupe » entre les tentacules des fesses (tentacules à l’avant comme à l’arrière, on est en sécurité nulle part). À partir de ce jaune, il fallait avoir un dégradé vers le sombre et vers le froid en allant vers la périphérie. J’ai donc rajouté à la gamme de peintures habituelles le Vallejo Dark Purple pour les extrémités les plus distales. L’idée est que, quand on regarde la figurine de face ou de dos, les plages de couleur fassent des ovales concentriques en partant du point focal : la crête du crâne d’un côté et les pseudo-paniers qui structurent les hanches.

Aspect final de la carapace
Vue de face, avec les zones de couleur concentriques
Vue de dos, idem

C’est pour avoir cet ovale que j’ai rajouté les griffes jaunes. En vision par l’arrière, elles aident l’œil à remonter vers le haut de la figurine alors que, par devant, elles sont presque invisibles.

Avoir l’intérieur et l’extérieur de la jupe de couleurs différentes n’a pas forcément beaucoup de sens si on part du principe que l’inspiration de la figurine est le Vampire des abysses (des petites choses adorables de 30 cm de long seulement, c’est pas le kraken). Cependant, la figurine a pour but d’être belle et d’être une vision d’artisss plutôt qu’une représentation anatomique exacte d’une créature logique. L’intérieur de la jupe va du Vallejo Carmine Red au Vallejo Dark Purple dans un dégradé assez sombre et froid. De cette manière, quand on le regarde de biais et de dessus à la manière d’une disposition sur une table de jeu, les tentacules ressortent bien sur l’arrière-plan. On gagne en visibilité comme en relief.

J’ai pris le parti de laisser certains détails en noir : les griffes les plus proches du corps, les yeux, les crocs maxillaires, les sabots. La figurine est très chargée niveau sculpture et je voulais garder une certaine simplicité visuelle. Je regrette presque d’avoir coloré la griffe centrale des membres intermédiaires, mais en noir elle donnait un aspect non fini à la bestiole. Tout est affaire de compromis.

Au final, c’est ma figurine préférée pour l’instant. Je le dis pour toutes, mais elle, elle va rester dans le top 3 un petit moment.

Publié dans Pièces individuelles | Laisser un commentaire

Da Red Gobbo 2025

Oui, il n’y a pas tout à fait que les Tyranides dans la vie, il y a aussi la biomasse, dont les Orks sont une partie considérable (et franchement, entre le Red Gobbo et n’importe quelle créature de l’esprit-ruche, je mets tout mon argent sur le machin hyperactif ascendant chaotique vert).

Deux mois après la fête (c’est toujours Sanguinalia quelque part dans la galaxie), j’ai franchi le pas de peindre une figurine que je ne jouerai jamais, juste pour le plaisir. Et aussi essayer des trucs. Avec, donc, le Red Gobbo et son Tin Boy. Je n’aimais pas le schéma de couleurs de la boîte, et j’ai essayé par la même occasion le metal non metal — ou un genre de, en tous cas. Je voulais quelque chose de très Noël, rouge, vert, blanc et or, et au final ça a donné un style très bande dessinée, pas franchement réaliste, mais éclatant.

Je n’ai hélas quasiment pas de photos de progression. En couleur, pour les rouges c’est du Vallejo Carmine Red et du Vallejo Nocturnal Red. Pour les verts, Prince August Vert Camouflage (shako) et Vallejo Bright Green (peau) avec pour les zones lumineuses des deux Vallejo Lime Green. Je ne sais plus quel violet j’ai utilisé pour la lentille et les boules, par contre; mais en termes de jaunes, on est sur du Citadel Flash Gitz Yellow et du Vallejo Hot Orange. Ici, on commence à se rapprocher de la fin du travail :

Figurine en cours

Pour la neige, j’ai pris de la Snow Powder chez Green Stuff World. J’ai beaucoup aimé (mais je n’en ai pas testé d’autre, ce n’est peut-être pas la meilleure, j’en sais rien, encore une fois je suis une filthy casual), parce que selon la quantité d’eau on peut faire des effets qui vont du champ de neige lisse à la poudreuse fraîche tombée de l’arbre sur un coup de vent.

Par contre pour faire les ombres de la neige, j’ai fait un essai avec du bleu et c’était un échec retentissant. La Snow Powder est poreuse et absorbe la peinture, donc l’ombre n’est pas nette, et puis en fait c’est impossible d’aller la mettre vraiment dans les ptits recoins. Il va falloir que j’étudie mieux l’affaire.

Tentative ratée de rajouter des ombres sur la fausse neige.

Et puis il faut bien avouer que j’en avais marre, que je voulais finir cette figurine, alors j’ai répandu la neige à la truelle (au couteau à palette), collé un buisson, et considéré que c’était fini.

Da Red Gobbo’s Tinboy

L’arrière pourrait être mieux fignolé, et surtout l’intérieur du sac où se cache le petit con de gretchin avec sa grenade dégoupillée. J’y reviendrai probablement un jour mais, en l’état, il a trouvé sa place sur mon étagère. Avec le son :

Publié dans Pièces individuelles | Laisser un commentaire

Le Psychophage écarlate

Après avoir fait une petite troupe de termagants à la sauce tomate, il ne fallait pas les laisser seuls. J’aime beaucoup la sculpture du psychophage, et c’est une brute sur la table qui à chaque fois a vendu chèrement sa peau pour l’esprit-ruche, donc c’était la suite logique.

Mais qui c’est qui va vomir un torrent d’énergie qui va bouffer les âmes en ignorant le couvert ? Mais c’est le gros psychophage à sa maman, mais oui !

Ahem.

Également, le psychophage a une grande base, parce que c’est un gros bestiau, et c’était l’occasion de tester une autre version de la base jungle.

Pour l’animal lui-même, rien d’original sur les écailles, qui suivent la recette de la sauce tomate. Les espèces de prises d’air sur les flancs sont en Vallejo Hot Orange, avec une bande de Citadel Flash Gitz Yellow. La fumée c’est une bonne couche de gris, puis au pinceau des plages de Vallejo Hot Orange, puis un brossage à sec de Flash Gitz Yellow, puis au pinceau des rehauts de Flash Gitz Yellow. En ce qui concerne le corps, sous-couche noire avec brossage à sec blanc. Sur les flancs, par-dessus le léger brossage à sec, trois petits points de Flash Yellow Gitz sur les reliefs au-dessus des prises d’air.

Zoom sur les reliefs du corps

Le plus intéressant c’était le ventre. Je voulais quelque chose qui rappelle le ventre de Shelob, distendu de maléfice et de poison, sans aller jusqu’à l’OSL.

Zoom sur l’abdomen

Sur un fond de Flash Gitz Yellow (genre trois couches, parce que même si la couleur est bien opaque, pour couvrir du noir mamma mia) dégradé sur les bords, j’ai refais un dégradé de Hot Orange. Au contact de l’espèce de sternum, il y a une très fine bande de Vallejo Carmine Red, en dégradé, qui finit de donner le relief. Les vaisseaux de la paroi sont tracés au Vallejo Nocturne Red.

En ce qui concerne la base, je voulais lui faire un marécage pour aller avec le socle tout en résine que je venais de faire pour l’un des Neurolictors. Difficile de rajouter du relief si on veut garder le point de vue sur tous les points de la figurine, mais il y a tout de même la place, avec un peu d’inventivité.

En cours de construction

La première étape a été de délimiter l’empreinte des pattes de l’animal. J’ai collé des bouts de liège pour faire le rivage de la mare. Une fois sec, j’ai essayé de faire l’étanchéité avec de la Cyanolite cristal, mais le résultat a été imparfait et il y a quand même eu des fuites une fois la résine coulée.

Une fois les éléments de relief/texture secs et après une bonne sous-couche noire, j’ai suivi les étapes habituelles de la base jungle sur les endroits secs/végétalisés/rocheux. Pour les endroits aquatiques, fond de Flash Gitz Yellow avec, pour simuler la profondeur, une première plage de Flash Gitz+Hot Orange et au centre une plus petite de Hot Orange. Je recommande de travailler à l’humide pour que les peintures diffusent et se mélangent entre elles, et avoir un aspect plus naturel. Pour la grande mare, j’ai coulé de l’époxy bi-composant (résine Cristal Pébéo). Comme on peut le voir sur la photo, ça a coulé. Pour les plus petites flaques, j’ai appliqué de l’Acrylic Water de chez Ammo (teinte Clear Water), mais le brillant est moins beau que celui de la résine, et côte à côte ça se voit. À l’occasion, il faudra que je repasse 2 ou 3 couches pour essayer d’épaissir.

Pour finir, c’est juste une question de rajouter touffes d’herbe et végétation.

Publié dans Pièces individuelles | Laisser un commentaire

Bases aquatiques, essais et pas à pas

J’avais dit que parce que j’étais en vacances je ferai plein d’articles. Hum. Bon. Bref.

L’idée de faire des bases en résine façon marécage m’est venue en fin d’hiver avec la kill team Murderwing/Meurtrescadre, parce que toutes les figurines sont représentées en vol (ainsi qu’en combat), et l’idée de Nighlords qui préfèrent voler à patauger dans la tourbière me faisait rigoler.

Pour les moules, j’ai pris des moules à endiguement de chez Green Stuff World et ils font le job. Ce niveau de technologie étant plutôt simple, j’imagine que toutes les marques se valent.

J’ai regardé des tutos, et j’ai fait des essais plus ou moins fructueux. Déjà, le choix de ce qui fera le mouillé. L’Acrylic water de chez Ammo, c’est (peut-être) bien pour faire du ton sur ton en couche fine et en trompe-l’œil, mais en couche épaisse pour donner un vrai volume, c’est un grand non. L’époxy cristal bi-composants de magasin de bricolage, c’est mieux mais c’est plein de bulles et la prise est trop rapide pour que les bulles dégagent (j’imagine cependant que si on veut un aspect d’eau pétillante c’est parfait). Au final, j’ai pris ce qui est fait pour : la résine Cristal « Moulage et Inclusions 50% Bio » de chez Pébéo. La transparence est également meilleure.

Pour les pigments, il faut absolument des pigments compatibles époxy. Ce qui est hydrosoluble (encres, aquarelle…) ne se mélangera pas. Sur la photo de l’époxy de magasin de bricolage n°2, j’ai essayé de mélanger de l’encre Sennelier sépia à la gomme arabique et on voit que, ben, non. J’imagine que si on sciait la base en deux on trouverait l’encre encore liquide à l’intérieur, comme ces cristaux de quartz qui contiennent des inclusions d’eau. J’ai essayé des pigments en poudre (sur la photo de la résine Pébéo) de mon magasin d’art, mais c’est très très chiant à dissoudre dans la résine et le dosage est aléatoire. Mes derniers essais se sont faits avec les pigments liquides Pébéo « Fluid Pigments » et c’est beaucoup plus simple, même s’il faut bien agiter le tube avant.

Dans une tourbière/zone humide/marais, l’eau est en effet souvent colorée par la terre, dans des tons qui vont du jaune d’or au marron, indépendamment des dépôts visibles à l’œil nu. Ce n’est que dans les lacs issus de la fonte des neiges que l’eau est vraiment bleue ou turquoise à cause de la farine de roche.

L’intérêt d’un marais (et de la résine époxy) est qu’on voit facilement le fond. Le fond n’est pas lisse, il est couvert de plantes aquatiques, dépôts de feuilles mortes, boues, et sur certains mondes des casques de Space Marines. La première étape est donc de créer de la couleur variée sur tout le socle. J’aime bien faire des taches de vert clair/vert khaki/brun avec des rehauts blanc cassé, appliqués sur un tartinage généreux de Vignette Mud Dry Earth qui a séché 24h.

Photo prise avant les rehauts de blanc

Ensuite, il faut créer du relief supplémentaire. On peut faire des étages avec du liège en plaques (à peindre en noir sur les faces verticales pour donner l’ombre de la berge et en vert ou autre sur le dessus pour faire le sol au soleil. On peut coller des éléments végétaux. J’ai un certain amour pour les brins de mousses conservés au préalable (faudra que je fasse un article dédié), mais il y a aussi le lichen, qui offre des couleurs et des textures intéressantes, la mousse d’Islande… Dans tous les cas, on peut peindre par dessus pour renforcer les contrastes.

Un exemple avec lichen (des arbres de la rue) et mousse naturelle (du jardin).

Pour couler la résine dans les bonnes proportions, j’avoue avoir piqué deux seringues de 10cc au taf. Mes premiers mélanges en utilisant les verres doseurs du kit Pébéo étaient foireux, la résine prenait mal, mais avec un dosage scientifique c’était parfait (calcul du volume : π*r2 *h, si on prend les mesures du moule en centimètres ça fait directement des millilitres). Si vous avez des ami.es dans la santé iels peuvent vous dépanner (et si c’est des vrai.es amie.s vous aurez même des seringues qui n’ont pas servi), mais j’imagine que ça se trouve en pharmacie de ville et sur internet. Les gros trocarts roses ne sont pas assez gros pour aspirer les composants de la résine, qui sont vraiment très visqueux. Il paraît que les vétérinaires ont des calibres supérieurs pour les gros animaux, mais je n’ai pas cherché et je plonge directement la seringue dans la bouteille.

Je conseille de mettre un poil plus de résine que ce que le moule peut contenir. L’idée n’est pas que ça déborde mais de faire bomber la surface de la résine, parce qu’elle se rétracte assez salement en durcissant.

Après une journée de repos, on a quelque chose comme ça :

Celle-ci est très jaune, mais c’est pour aller avec le variant rouge des Tyranides et le socle marécageux toxique du Psychophage

C’est joli, certes, mais le taf n’est pas fini. Sur cette base, j’ai dû tiger le monstre. Sur celles de la kill team, j’ai collé les figurines sur le liège avant de couler la résine, ce qui était au final plus simple, mais faut essayer des trucs dans la vie.

Pour faire des vaguelettes, j’ai rajouté par endroits de l’Acrylic Water « Claire », et après séchage j’ai fait un petit dégradé de blanc cassé au sommet des vaguelettes pour faire l’écume.

Comme on peut le voir sur les photos juste au-dessus, la tranche de la résine est moche. J’ai essayé de poncer puis vernir mais c’est pas mieux, et puis j’ai eu l’idée de faire un dégradé de noir partant du fond. C’est plus propre et ça donne l’impression d’une eau chargée en matières organiques.

Parlant de ça, il faut faire vivre ce marais en mettant des plantes à la surface. Pour ça, j’ai utilisé des AK Basing Bits, qui ont de très jolies rosettes de feuilles pour faire des plantes aquatiques non précisées, et des nénuphars. Un peu de verdure çà et là sur les cailloux qui dépassent, et voilà le résultat :

Publié dans Socles et décors | Laisser un commentaire

Bases jungle, pas à pas

Une fois n’est pas coutume, pour les bases jungle j’ai presque réussi à suivre un tuto Youtube. Il a été fait par la marque GamersGrass. Je n’ai pas d’actions chez eux, et à la suite du tuto je leur ai acheté leurs plantes en papier et elles sont en effet super.

Ceci étant dit, j’ai bien entendu fait des trucs à ma sauce.

. Gros cailloux : OK, j’ai des cailloux dans la partie gravillonnée du jardin, j’ai pris des cailloux.
. Bâtonnets : idem, j’ai pris des coupes de lilas, plus fines que dans la vidéo, mais pour des bases de termagants je me voyais pas coller des bûches.
. Mélange sable/mastic/colle blanche : je n’ai pas de sable ni de mastic. En revanche, je bois beaucoup de thé, en sachet et en feuilles. Le thé en sachet, c’est de la poudre grossière, et quand on la fait sécher après infusion elle a une belle granulosité. J’ai fait une pâte de thé-autrefois-en-sachet et de colle blanche, et ça fait de beaux montadoux rugueux. J’ai essayé avec de l’epoxy bi-composants qui me restait pour voir, mais le résultat est trop lisse. La colle blanche c’est parfait. Et du thé en feuilles + colle blanche par endroits. Faut mettre des tonnes de colle. Sur un deuxième batch de bases j’en ai pas mis assez et par endroits ça s’est détaché une fois sec.
. Sur les endroits de la base sans cailloux, j’ai tartiné du Vignette Mud Dry Earth de chez Ammo au couteau à palette, et par endroits j’ai foutu dans la boue des ptits ptits cailloux de Railroad Ballast et Small Railroad Ballast de chez AK Interactive.
. On peut aussi bien évidemment ajouter des trophées de bataille, genre casques et crânes, pour donner un peu d’ambiance.

Ensuite j’ai fait autre chose pendant 24h.

Bases en train de sécher.

Ensuite, j’ai tout sous-couché en noir et pas en marron, parce que j’avais de la sous-couche noire mais pas de sous-couche marron. Et j’ai fait la première grosse déviation du tuto : j’ai directement fait un brossage à sec blanc cassé (Vallejo Cream White) sur le noir. Pas exprès, principalement parce que j’ai zappé, mais ça a été très utile pour repérer les reliefs et les différentes zones de texture. Ensuite, j’ai peint par dessus en patouillant le sol avec du Vallejo Lime Green, du Prince August Vert Camouflage, du noir, en chargeant la peinture sur un pinceau très mouillé pour que les différentes couleurs fassent leur vie et se mélangent au contact les unes des autres, comme en aquarelle, pour un résultat plus naturel.

Pour ce qui est des rochers, j’ai mélangé du Vallejo Nocturne Red et du Vallejo Cream White. Je n’ai pas fait de lichens comme dans le tuto, mais des grosses taches de couleur différente pour imiter des veines de pierres différentes (Vallejo Nocturne Red + Cream White + Infantry Blue). Les branches, j’ai mélangé un marron quelconque. Et re-brossage à sec Vallejo Cream White en insistant sur les arêtes rocheuses.

On a bien l’impression qu’on va s’enfoncer dedans en entendant un gros gargouillis.

Pour ce qui est des touffes de verdure, j’ai jeté les emballages donc je n’ai plus la référence. Il ne faut pas hésiter à les retailler pour les faire rentrer dans les petits recoins.

Quant aux plantes elles-mêmes, le seul défaut de celles que vend GamersGrass c’est qu’elles sont imprimées sur du papier blanc et que la tranche apparaît blanche quand on y regarde de près. Également, quand ils disent de les coller au cyanoacrylate, c’est parce qu’il n’y a que le cyanoacrylate qui tient dessus. La cyanolite gel et la colle blanche n’essayent même pas de tenir. Mais sinon elles sont faciles à conformer comme on veut, et le rendu est top. Il faut en mettre beaucoup, parce que c’est la jungle, en mélangeant les espèces. Il y a toujours une face plus bleue et une face plus jaune, selon l’ambiance lumineuse chaude ou froide de la figurine, mais on peut aussi panacher pour plus de variété.

Je ferai un article plus détaillé sur la base du Psychophage, parce que je lui ai fait un vrai marais à ses pieds et il y a des choses à dire.

Publié dans Socles et décors | Laisser un commentaire

La carapace sauce tomate, pas à pas

Tout est parti de la Criocère du Lys, Lilioceris lilii, qui m’a bouffé plusieurs pieds de lys dans le jardin mais est d’un rouge qui est l’essence même du rouge. C’est le rouge le plus rouge à avoir jamais rougeoyé. La solution au jardin a été de planter plus de lys, et en peinture d’essayer de voir ce que ça donne sur une figurine.

Photographe : dasWebweib, CCA Share Alike

Pour le corps, rien de foufou : sous-couche noire et brossage à sec Vallejo Cream White sur les rehauts.

Pour la carapace, il n’est pas question de couleur structurelle comme pour les carapaces mordorées, mais d’augmenter le relief naturel des écailles de la figurine. Au final, il y a assez peu de rouge carmin qui pète sur la figurine finie, mais ça n’est pas très grave parce que l’impression d’un tout rouge-rouge y est.

1. Trois couches de Vallejo Carmine Red. Un rouge extraordinaire dont le seul défaut est la transparence. Trois couches non diluées, c’est le strict minimum et encore, si on laissait tel quel il en faudrait une quatrième. Il ternit en séchant, mais ça se rattrape à la fin avec le vernis.

C’est rouge.

2. Larges aplats d’ombres : Vallejo Nocturne Red. Si on regarde la photo de la Criocère, on voit qu’il y a de larges plages d’ombre diffuse et peu marquée sur les parties déclives des élytres. J’applique une bande de Nocturne Red sur les parties déclives et dans les recoins des écailles, en estompant le bord de la bande juste posée avec un pinceau humide. Pas mouillé, juste humide. Je ferai un article sur le pinceau que j’ai acheté exprès pour ça, parce qu’il est extra, mais en attendant sachez déjà que c’est un pinceau à gouache/huile.

On commence à assombrir certains coins

3. Rebord des écailles et aplats lumineux : Vallejo Hot Orange. Même principe que pour les aplats. Sur les termagants je l’ai fait au brossage à sec, sur les neurolictors j’ai appliqué au pinceau, mais dans tous les cas il faut une couche fine et transparente. En cas de brossage à sec, il vaut mieux le faire avant les aplats d’ombre pour éviter de se retrouver avec un orange dégueulasse dans les coins. Ou être prêt psychologiquement à repasser un coup de Nocturne Red. Quoi qu’il en soit, à ce moment, il se passe quelque chose de terrible : ça devient super moche. Je ne sais pas pourquoi, mais cet orange est remarquablement laid quand il est appliqué en couche fine et qu’il n’a rien de plus clair posé par dessus ensuite. Il vole la couleur, alors qu’on le voit à peine. Mais il fait le taf d’éclaircissement et au final c’est tout ce qu’on lui demande à ce stade de l’intervention.

Ça ne rend pas bien sur la photo du téléphone, mais y’a de l’orange, faut me croire.

4. Orler le bord libre des écailles au Vallejo Hot Orange pur. De l’opacité. De l’orange qui claque sa maman. En ligne fine qui court le long du bord ou en platch sur un point lumineux. Pinceau 10/0. Je ne fais pas feathering sur mes titis. J’ai vu des tutos. J’ai vu une tétrachiée de figurines peintes dans ce style, toutes plus belles les unes que les autres, mais je n’arrive pas à faire 35 lignes droites parallèles à main levée sur chaque écaille, et puis ça ne fait pas le style que je veux, d’abord.

5. Repasser des aplats de Carmine Red sur les zones entre le Nocturne Red et le Hot Orange qui paraissent trop délavées, pour ramener de la rougeur.

6. Créer les ombres les plus dures, celles qui courent au fond des crevasses entre les écailles, par de l’encre de Chine Rötring pour stylo, diluée avec 5 gouttes d’eau pour 1 goutte d’encre. Pinceau 15/0, bien chargé pour que la capillarité traîne l’encre partout, et on suit les creux. Et on estompe avec le même pineau de tout à l’heure pour que le bord de l’ombre ne soit pas trop violent. Sur les neurolictors, j’en ai aussi profité pour essayé, sur un des modèles, de faire des fentes dans les écailles. Je recommencerai.

Regardez-moi les 2b3. De gauche à droite : fin de l’étape 2, fin de l’étape 4 et fin de l’étape 6.

7. Une fois que c’est bien sec, un gros coup de vernis acrylique brillant bien rustique appliqué au pinceau. J’utilise un pot de vernis Dalbe qui date probablement de 2003 ou 2004, sincèrement pas besoin d’investir. Ce n’est pas grave si on voit les coups de pinceau, le vernis en séchant va se tendre, et puis il faut donner de l’épaisseur en plus du brillant. Le vernis va réveiller l’intensité du Carmine Red et faire étinceler les écailles au moindre changement de position.

Résultat final

J’imagine que, si on voulait, on pourrait aussi appliquer des rehauts blancs sur les quelques points qui accrochent le plus la lumière, mais je n’ai pas essayé. Peut-être un jour prochain.

Publié dans Livrées et couleurs | Laisser un commentaire

La carapace mordorée, pas à pas

La couleur des élytres des coléoptères est souvent une couleur structurelle, c’est-à-dire qu’elle n’est pas causée par un pigment mais par le comportement de la lumière elle-même sur la surface qui va absorber, réfléchir et diffracter certaines longueurs d’onde (lisez l’article Wikipédia, il est passionnant). C’est notamment ce qui permet d’obtenir les effets d’iridescence et on le retrouve entre autres dans les plumes des oiseaux, la nacre ainsi que les ailes des papillons. Certaines fleurs, comme les boutons d’or, utilisent et des pigments et la couleur structurelle pour être plus brillantes.

Je savais que c’était cet effet que je voulais obtenir, et je m’y suis collée avec une vague idée de comment ça fonctionne dans la nature. Le résultat a dépassé mes espérances. Il n’y a pas de photo étape par étape parce qu’à l’époque j’étais loin de penser faire un tuto un jour.

Zéphyr m’a aidé une ou deux fois quand j’ai fait ces termagants, même s’il n’a pas été très efficace.

1. Couleur de fond

Simple, c’est trois couches de Naggaroth Night (Citadel) sur une sous-couche blanche, pour avoir une bonne opacité. Pas de dilution, peinture prélevée directement dans le pot avec un pinceau humide et c’est l’imprégnation en eau du pinceau qui se charge de fluidifier.

2. Iridescence

Une simple couche de doré ne permettant pas d’avoir une iridescence, j’ai fait un brossage à sec successif de deux nuances de chez Prince August : Rouge Sunset (802) et Emeraude (838). Je n’ai pas superposé les deux (mélangés ils vont un violet très proche de Naggaroth Night) mais j’ai fait par zone : un bout en rose, un bout en vert, en changeant les zones d’une figurine à l’autre pour avoir des variations entre chaque figurine. Les termagants voyagent par 10 et ce qui est joli chez eux c’est l’effet de masse grouillante. Changer légèrement la couleur des reflets entre les figurines permet de donner une illusion de mouvement. Le brossage à sec n’est fait que d’arrière en avant pour accrocher majoritairement le pigment sur les reliefs.

3. Reflets

Mais c’est pas tout ça, il faut que ça brille et ça je l’ai eu avec une de mes peintures préférées : Auric Gold (Citadel). C’est un doré très transparent qui fait un miroir semi-réfléchissant. Je l’ai brossé à sec partout sur les carapaces comme un gros cochon pour bien tout recouvrir de manière uniforme.

La brillance est extraordinaire. Celui-ci en a aussi sur les sabots en couche fine.

Pour introduire encore une fois de la variété entre les figurines, j’ai fait sur certaines un deuxième brossage à sec plus ponctuel de Brass Scorpion (Citadel) ou de Médium Métal (Prince August 521), soit sur le crâne soit sur l’échine.

Ça donne un truc comme ça.

4. Ombres

Alors ça je l’ai fait six mois après le reste parce qu’un peintre de haut vol dont j’ai oublié le nom parce que je regarde pas Youtube m’a dit à l’occasion d’une convention que c’était très joli mais que ça manquait de relief, que les carapaces d’insectes dans la nature il y a des zones très noires et qu’il fallait pas avoir peur de faire de gros contrastes sur les figurines. Et ensuite mon Parasite de Mortrex a quand même reçu un des prix de la catégorie débutants, j’étais fière comme Artaban mais en rentrant à la maison j’ai repris tout le troupeau de 20 termagants + les autres.

Bébé <3 à qui il manque les ombres dans les creux de la carapace

Déjà la peinture noire Citadel est nulle pour ça parce que pour une raison chelou quand on la dilue assez pour l’envoyer dans les coins, une sale couche blanchâtre se forme à la surface. Me demandez pas ce que c’est, si c’est le médium, si c’est un additif, mais c’est super moche. A la place, j’ai pris ce qui m’avait servi pour les ombres du Parasite de Mortrex ici photographié, et ce qui est juste le meilleur noir de l’univers à part le Vantablack : l’encre de Chine pour stylo Rötring. C’est l’encre la plus noire que j’ai jamais vue tout en restant très fluide, et j’en ai testé un paquet pour le dessin et la calligraphie (certaines encres de Chine sont assez épaisses, ce qui donne un relief supplémentaire extra sur du papier, par exemple la Sennelier, mais là ça n’irait pas).

Malgré sa fluidité, il faut la diluer, sinon elle est trop noire et on ne veut pas non plus faire disparaître totalement la couleur sous-jacente. Surtout qu’ici en l’occurence il faut garder la possibilité d’un reflet dans l’ombre. Je fais habituellement 5 ou 6 gouttes d’eau (selon la taille des gouttes) pour une goutte d’encre ; c’est la limite, après ça le médium se sépare du pigment. Ensuite, au pinceau bien fin, la déposer dans les recoins des écailles et les creux les plus marqués.

Le Psychophage avec ses ombres.

Un bon truc, surtout sur les grosses figurines comme le Psychophage, c’est de faire l’ombre plus large dans les endroits où la ligne d’ombre est concave : ça donne l’illusion d’une ombre portée plus grande, d’une plus grande distance verticale entre les écailles et donc davantage de profondeur.

Ravener hyper-adapté

Et c’est tout ! Le plus long dans l’affaire, c’est d’attendre que ça sèche entre les couches.

Publié dans Livrées et couleurs | Laisser un commentaire